Après des mois d’attente et de préparation, me voici à Veille Aure, accompagné de Maurice.
Nous sommes jeudi 25 août, à J-2 du départ du GRP !
Avant de visiter le gîte, nous rejoignons directement Marc, Patou et Philippe qui sera sur l’ultra, au
briefing du 160 km, où une mauvaise nouvelle est tombée.
Leur départ aura lieu le lendemain à 7h00 au lieu de 5h00 et ils ne pourront monter au Pic du Midi, à cause
du temps.
Orages, froid, et vent sont prévus pour l’ouverture des festivités du week-end.
Nous apprenons que le même temps est servi dans les Alpes, où a lieu l’UTMB !
Le briefing terminé, nous rentrons et nous installons dans nos chambres.
Le gîte est un appartement, avec 4 chambres, grande cuisine, séjour, 2 salles de bain, et grande terrasse.
Nous y serons très bien.
Nous accompagnons Marc à la Pasta Party (pas terrible) et une fois rentrés, je prépare des pâtes pour
Sandrine, Pablo et Lolo, qui doivent arriver vers 23h00. Ils vont être affamés !
22h30, tout le monde est là, hormis Cyril et Estelle, de Toulouse, qui arriveront le lendemain.
C’est parti pou
r un week-end exceptionnel !
La nuit fût agitée, puis réveil à 6h00 pour accompagner Marc au départ.
Sur la place, je suis surpris de voir autant de monde !
Pour moi, c’est une répétition générale de ce que nous vivrons le lendemain, pour notre course …
7h00, le départ est donné, c’est quelques 700 ultra-traileurs qui prennent la route pour 160 km !
Une fois tout le monde parti, nous rejoignons l’appart ‘, et prenons le p’tit dej’. Puis petit dodo afin
de ne pas être trop fatigué.
L’après midi sera consacré à la préparation des sacs, et là, coup de stress !
Vu le temps et les températures annoncées, les affaires de rechange ne rentreront pas toutes dans mon
camelbak … Il est plein et la poche à eau est vide ! Grrrrr….
Du coup, en allant chercher les dossards, je m’achète un autre sac de 20 l. puis une paire de gants à St
Lary, ce qui nous permet d’y faire une petite ballade en attendant la pasta party du soir (merci les copains !).
Nous suivons au fil de la journée l’avancée de Marc sur l’ultra, une fusée, il est parti pour faire une belle
performance !!!
Cyril et Estelle étant arrivés, nous fignolons les derniers préparatifs, puis nous nous dirigeons vers la
Pasta Party.
Une fois repus, il est l’heure d’aller se coucher, du moins, d’essayer de dormir car la nuit sera
courte !
03H30 : Le réveil sonne et c’est en fanfare que toute l’équipe s’anime, stressés po ur la
plupart.
Cette fois, nous y sommes, le jour J est arrivé, la course tant attendue va
commencer !!!
Nous voici sur la ligne de départ, mon estomac est complètement noué, le stress est visible.
En même temps, je savoure ces moments entre nous tous, où la joie, le stress, l’appréhension se mêlent et
nous rend tout « chose ».
Même si je sais que j’ai les ressources physiques pour boucler ces 80km, il subsiste une grande inconnue,
comment je vais gérer mentalement la course dans les moments difficiles ?
5H01, le départ est donné dans une petite confusion. C’est parti !

Pas mal de monde sur le bord de la route qui nous mène à Vignec, c’est roulant, l’esprit est sympa, les gens
plaisantent, rigolent, tout en courant tranquillement.
Puis la première montée dans les bois, c’est bon, on attaque !!!
Tout va bien jusqu’au col de Portet, le jour se lève, et on peut voir des paysages magnifiques découpés dans
la brume matinale et les nuages.
Le temps semble se diriger vers le sec !! Génial ! Mais il fait froid.
En haut du col, je croise Patou, qui nous encourage, puis Christophe, un trailer rencontré au Vignemale. Il
abandonne, son genou lui fait défaut ! Dur …
Après le premier ravito au Merlans, direction le col du Bastanet, à partir de maintenant, je connais le
parcours.
Au refuge du Bastan, je croise le berger qui nous avait aiguillé pendant notre rando 2 semaines auparavant,
on discute 2 minutes, il serait intéressé de faire la course l’année prochaine !
Après le Bastanet, je croise une traileuse blessée, qui attend les secours, accompagnée de randonneurs. Elle
sera évacuée par hélicoptère. Ça calme !
Puis Artigues et on attaque la montée vers le col de Sencours, première grosse difficulté du
t racé !
Les jambes répondent bien, j‘ai la pêche, et une bonne allure.
Je me laisse aller aux sensations, et la montée du Sencours se fait bien mieux que lors de la reco.
Arrivée au col, drôles de visions : Un mec est allongé de tout son corps sur le sentier et vomit
violemment, deux autres sont sur des brancards recouverts de couvertures de survie avec des médecins autour d’eux !
Bref, c’est avec ces images que j’attaque l’ascension du Pic du Midi !
En chemin, je croise Lolo, les traits tirés, puis Cyril et Estelle, et enfin Momo, qui en
redescendent.
Au sommet, je fais une pause et en profite pour passer un coup de téléphone à Christian.
Il vient de voir que j’étais au Pic grâce au site où l’on peut suivre les coureurs.
Je suis content, je suis monté en 9h00, j’ai une heure d’avance sur les heures de passages fixées (total en
19h30). Je suis à la moitié du parcours, et tout va bien.
Je croise Pablo et Noisette lors de ma descente tandis qu’ils montent, avec le
sourire !
Arrivé à Tournaboup, je commence à sentir la fatigue. La montée sur Aigue-Cluze et le col de Barège est
difficile, longue, éprouvante. Je suis à plus 14h00 de course. Maintenant c’est de la descente vers le lac de L’oulle .
Les jambes tirent, l’envie de vomir est de plus en plus présente avec les efforts, mon dos est en compote,
les pieds sont enflés et je sens les ampoules dès que je tape sur des cailloux.
La remontée vers le col de Portet via le ravito des Merlans est longue et fastidieuse. Je sens que je suis
très fatigué.
Arrivé au Merlans, après m’être réchauffé et ravitaillé, on me dit qu’il ne faut plus que 2 heures pour aller
au col de Portet puis redescendre sur Veille Aure.
J’en suis à 15h45 de course + 2 = 17h45, YES, je peux finir en moins de 18h00 !!!
Sans dire au revoir, j’enfile mon sac et je repars comme un sauvage pour explorer mon chrono !
Au col de Portet, la nuit et un brouillard à couper au couteau me tombent dessus.
Je ne vois plus les balises ! Avec une traileuse belge, on se perd puis nous sommes guidés par un
groupe devant nous. Ouf ! Mais j’ai perdu de précieuses minutes.
On descend tous les 5 ensembles, puis je pars devant, je n’ai qu’une chose en tête : moins de
18h00 !!!!
Je perds un temps fou pour avancer, on ne voit rien, j’y vais à tâtons avec les bâtons.
A quelques kilomètres de l’arrivée, je tombe sur une traileuse du 160 km, qui avance seule dans le noir, elle
a oublié sa frontale de rechange et celle-ci n’a plus de piles, elle est épuisé, en a marre.
Je décide donc de l’aider, et de finir avec elle, pour lui éclairer le chemin.
Nous terminerons ensemble.
A l’approche de Veille-Aure, j’envoie un baiser vers le ciel, pour celle qui m’aura accompagné durant toute
la course, dans mon cœur, cette arrivée est pour ma mère !
J’ai les larmes aux yeux ! J’y suis arrivé, au bout de la rue bordée de supporters, les lumières de la
place de Veille Aure où l’on peut apercevoir l’arche bleue !
Il est 23h06 : je franchis l’arrivée, j’ai réussi ! Je suis heureux… J’ai mit 18h06 !!! Dommage
pour les 6 minutes …
Lolo, Momo et Philippe sont là, heureux eux aussi !
On se retrouve et on se raconte nos courses, encore excités par la journée vécue.
Lolo a fini en 14h48, Momo en 16h42 et Philippe boucle son premier ultra en 39h00.
Tout le monde a cartonné.
Pablo et Noisette finiront en 19h22, superbe !
C’est en pleine crise d’hypothermie que je rentre à l’appart’ me doucher.
A 01h00, tout le monde est rentré, heureux mais très fatigué ! Nous sommes tous finishers !
C’est satisfait mais un peu déboussolés que nous allons nous coucher.
Le lendemain, une surprise de taille m’attend au petit dej’.
Alors que la veille au soir, après notre arrivée, j’avais vu Estelle s’affairer dans la cuisine et batailler avec le four, voilà que je la vois entrer dans la pièce avec
un gâteau accompagné de bougies !
Aux chants des copains pour mon anniversaire, viennent se greffer des présents devant moi.
C’est avec beaucoup d’émotion que je souffle les bougies. Quelle surprise !
Je suis remué par toutes ces émotions vécues en 24h00 …
À 12h00, nous partons, en boitillant un peu quand même, à la remise des prix, suivie d’un buffet
gargantuesque offert par l’organisation.
Une fois les ventres bien remplis, nous rangeons nos affaires et nettoyons l’appartement avant de reprendre
la route.
C’est le cœur lourd, mais heureux de la tache accomplie que nous nous séparons.
Nous sommes tous fiers de nous, et des résultats des uns et des autres !
Aujourd’hui, après quelques jours de « digestion » de la course et de « blues », je suis
fier et heureux de m’être lancé dans cette aventure.
Le challenge était de taille, le défi important.
J’ai vu que j’avais les conditions physiques pour ce genre d’épreuve, mais surtout le mental.
Pas une fois, malgré la fatigue, l’abandon ne m’est venu à l’esprit, et ça, c’était ma crainte.
Je sais maintenant de quoi je suis capable, et c’est avec confiance que je regarde d’ores et déjà les grosses
courses pour l’année prochaine, en espérant revivre la même aventure humaine avec les copains, sans qui je ne serais arrivé à mes fins !!!
Merci à vous les copains !

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